La France est de nouveau frappée par un attentat à Nice. Les images passant en boucle à la télévision, les discussions avec les camarades, les enfants sont directement exposés à ces drames. Comment répondre à leurs questions et leur expliquer ce qui se passe?

Ces drames choquent petits et grands. Tout comme les adultes, la tristesse et le deuil sont deux sentiments que peuvent éprouver les enfants, c’est l’émotion qui prédomine. Comment parler de tels événements avec les plus jeunes ? Il est essentiel de prendre du recul avant d’en parler, après de tels événements, les adultes peuvent eux-mêmes être envahis par un sentiment de stress. Il vaut mieux en parler entre adultes avant de s’adresser aux enfants et d’en parler avec raison. Les parents peuvent penser à un tiers et le cas échéant à un psychologue pour une aide transitoire.
Il est essentiel de faire attention aux petits quand les parents parlent entre eux. Lorsqu’on s’adresse aux enfants , faites attention aux mots qu’on emploie et de bien choisir les expressions tout en adaptant Le discours en fonction de l’âge de l’enfant.

Adapter son discours en fonction de l’âge de l’enfant

Pour les plus petits, il est important de dire les choses le plus simplement possible, ne pas être débordé par l’émotion et sans rentrer dans des détails violents. Il faut également, nommer les émotions et aider les enfants à faire le tri dans ce flot d’informations. Votre enfant n’a pas la même perception du temps, de la distance et de l’espace que vous. Pour lui, son environnement, c’est sa maison. Il est donc important de le rassurer en lui disant que cette menace ne le concerne pas. On pourra alors lui dire que notre pays est en guerre à l’extérieur.

Le plus compliqué pour les parents est de répondre aux questions banales et innocentes que se posent les enfants. Comme, pourquoi ont-ils fait cela? Il faut donc rester le plus simple possible.

Vous pouvez tout de même évoquer les notions de méchanceté, bonté et de justice. Vous pouvez leur dire que coupables sont méchants et seront jugés.

Les enfants plus grands, plus de 8 ans, ont bien souvent des questions, auxquelles il faut être attentif. En effet, ces questionnements peuvent faire écho à certaines inquiétudes et réveillent certaines peurs. Il faut donc, les rassurer, d’être plus présent, sans trop en faire, au risque qu’il craigne d’être réellement en insécurité.

Après un épisode traumatisant, les enfants peuvent faire des cauchemars. Ces cauchemars sont les signes de leurs angoisses, mais ce sont aussi des tentatives pour les élaborer et les canaliser. L’enfant doit trouver face à l’angoisse sa propre réponse dans son monde interne et dans sa représentation du monde.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier les adolescents. Lors des attentats de Paris, tout ce qu’ils aiment a été la cible de ces attentats (le foot, la musique, les sorties…).Cela peut avoir un impact sur eux. Il est donc important d’en parler avec qu’eux en abordant des questions plus poussées, plus politiques.

Expliquer ses émotions aux enfants

Si un enfant est silencieux cela ne signifie pas qu’il n’a rien vu ni rien ressenti. Ce silence va avoir un retentissement différent chez l’enfant. Le petit enfant peut alors s’imaginer être responsable de l’émotion de son parent ; le plus grand peut ne pas comprendre pourquoi son parent est à ce point déstabilisé. D’où l’importance d’expliquer ces émotions aux enfants avec des mots simples et mesurés.

Eloigner les enfants des écrans

La place de l’image traumatisante est aussi importante. Il faut protéger les enfants de cette violence en direct. « Ces images peuvent provoquer une fascination morbide. Les parents doivent avoir la sagesse de couper la TV et prendre le temps d’expliquer aussitôt. Ces explications doivent être reprises plus tard avec les enfants pour décrypter, discuter et analyser ce qu’ils ont retenu et compris.

Le dessin comme exutoire

Certains enfants, vivant près des lieux où se sont déroulés les attentats, ont pu entendre des sirènes, des cris, ressentir la panique. La manière d’en parler ne doit pas forcément être différente. Le dessin peut permettre aux enfants d’exprimer leurs émotions. Les plus grands pourront ensuite les apporter sur les lieux de recueillements. En effet, associer les enfants à des rituels qui nous semblent importants en tant qu’adulte peut être une bonne chose. Les familles musulmanes doivent échanger avec leurs enfants, parlent de leur religion que certains s’approprient. C’est aussi l’occasion pour toutes les familles, d’aborder la question de la tolérance et l’interdit de la violence. Les parents doivent-être porteurs de ces valeurs.

Finalement, il faut mentionner qu’il est essentiel que la vie de l’enfant continue comme avant et que c’est normal s’ils présentent des signes d’anxiété pendant quelques jours. Il est important aux parents de répondre aux questions des enfants.

Attention, si des signes d’angoisses perdurent au-delà de quelques jours, il est recommandé de faire appel à un spécialiste.